Ici Images de l'exposition


Ici Images du Vernissage
Le Forum de l’Image ouvre ses portes à la jeune création. Pour cette exposition, il choisit de présenter une exposition collective de trois étudiantes de l’Université Le Mirail de Toulouse. La rencontre avec Christine Buignet, professeur au département arts plastiques à l‘UTM et l’équipe du Forum de l’Image a fait naître le projet de présenter le travail de ces jeunes artistes prometteurs qui actuellement réalisent leurs études au département des arts plastiques.
© Aurelie Hue

Aurélie Hue
Actuellement en 1ère année à l’IUFM de Toulouse pour préparer le CAPES externe d’arts plastiques
Portant sur la notion d’identité, l’enjeu de mes photographies est de démontrer, à travers l’étude de divers faits de société actuels, que l’être humain se dirige tout doucement vers une perte identitaire. Les transformations chirurgicales et la question du clonage, par exemple, sont de véritables sources pour mes recherches. Je désire faire naître chez le spectateur des questionnements nouveaux et des interrogations sur son époque.
Ma série de portraits photographiques se compose de vingt-sept portraits en noir et blanc, représentant apparemment la même personne, cadrée aux épaules. En suivant les codes de la photographie d’identité, mon modèle est photographié de face, cadré aux épaules, devant un fond qui nous évoque ceux qui se retrouvent dans un photomaton. L’image inexpressive qui en résulte, passe-partout, banale, nous rappelle ces photographies d’identité qui ne semblent pas nous distinguer de la foule et où la personnalité semble disparaître au profit d’une image signalétique. Désireuse de transmettre un malaise propre à la perte d’identité, je me suis attachée à travailler plus particulièrement sur le regard, élément qui joue un rôle très important dans l’identification d’un visage. Sur le principe de “ l’hybridation ” numérique, j’allie réel et virtuel. Ainsi, le visage qui sert de modèle, de support, aux modifications, reste tel quel, alors que le regard original est remanié en laissant sa place à de multiples variations. Je combine ainsi dans mes portraits les regards d’individus divers, autres que le modèle, et ceux de la personne qui sert de base à tous les portraits. Le visage est différent, tout en étant le même.

© Sophie Solnychkine © Sophie Solnychkine
Sophie Solnychkine
Actuellement prépare une licence en arts plastiques à l’Université de Toulouse le Mirail.
Recordings from the hive.
Ce travail photographique consiste en un dispositif immuable : vision distante soutenue par un cadrage large, stricte frontalité qui évoque le minimalisme rigoriste de l’école allemande de Düsseldorf, couleurs prédéfinies selon un code personnel relevant de l’esthétique du Glauque, et apparenté à la Nouvelle Objectivité (couleurs de l’urbanisme moderne et de ses matériaux de référence, toujours atténuées d’un léger voile qui leur confère une sorte d’aura mystérieuse), épure générale des formes pour évacuer le narratif. Les sujets formels de ce travail photographique sont caractérisés par ce que je définis comme l’esthétique du Glauque. Le mot glauque revêt plusieurs significations au fil des âges : d’“ un vert tirant sur le bleu “, le sens du mot a dérivé jusqu’à signifier “ terne, sans éclat “, puis par extension “ triste, sordide “1. Ainsi cette esthétique que je cherche à créer embrasse les dérives successives du mot glauque ; elle regroupe ces multiples définitions, comme une somme virtuelle et linguistique de ces évolutions. En effet, ces images se définissent à la fois par leur dominante colorée, à savoir ces verts-bleuâtres caractéristiques, dans une approche du terne comme parti-pris initial ; et par le fait qu’elles s’attachent à décrire des lieux perçus comme sordides dans la conscience populaire. Ce sont les lieux caractéristiques de cette esthétique : chantiers souterrains, rampes d’accès de parkings, cages d’escalier aveugles, sous-sols de gares ou d’aéroports, couloirs sans ouvertures, …
© Stéphanie Tessié
Stéphanie Teyssié
Actuellement réalise un DEA d’arts plastiques à l’Université de Toulouse le Mirail.
Espace obscurci, corps reprenant vie, sons de l’enfermement, c’est entre tension, disparition et instabilité que Stéphanie Teyssié nous donne à vivre sa vision très personnelle de la condition humaine. Confrontant le phénomène photographique de l’image fixe à celui de l’image animée elle nous immerge dans un univers fictionnel, pour révéler la réalité dans ce qu’elle à d’insaisissable : l’impossible de voir. Prenant son propre corps pour matière, tout réside de cette ambiguïté : elle supporte mal toute image d’elle-même, souffre d’être nommée, elle préfère alors parler de “ relation avec son modèle ” : une mise à distance de son être au monde pour laisser place au nôtre. Se masquer pour mieux apparaître, disparaître pour mieux devenir visible, enfin, surprendre son sujet en flagrant délit d’existence dans un entre-deux temps. Abordant le corps à la manière d’une écriture dont les codes s’organisent avec précision, Stéphanie Teyssié cherche à traduire une nouvelle conscience de soi et du monde, de soi au monde.