Chrystèle Lerisse
du 18 Octobre au 25 Novembre 2000


Ici les photos du vernissage

Chrystèle Lerisse

Anamnése du visible quelques notes sur le travail de chrystèle lerisse...

Toujours situé dans une proximité immédiate de la substance visible des choses photographiables, le travail de Chrystèle Lerisse explore leur surface pour en révéler l’essence. La lumière est la grammaire de sa pratique réfléchie de photographe. Il résulte de son expérience et de sa fusion avec les sujets qu’elle aborde une restitution du réel ou de ce que nous considérons comme tel. Mais celle-ci échappe parfois à notre regard «profane».

© Chrystèle Lerisse

© Chrystèle Lerisse

C’est une photographie, une gravure avec la lumière, dont l’épure évoque aux yeux du contemplateur attentif une aporie de l’image. Au commencement de ses recherches, Chrystèle Lerisse s’est tout d’abord tournée vers le minéral, cherchant peut-être la matérialité de la lumière. Son regard la porta ensuite, presque normalement, franchissant un seuil invisible comme une quête philosophale, vers l’enveloppe de l’être : la peau. Elle considère cette texture, trop humaine, trop sentimentale, par les frôlements du regard qu’elle suggère, dans la distance qu’elle impose l’être, comme peuvent le faire le film et le papier photographique, tous deux surfaces sensibles.

© Chrystèle Lerisse

© Chrystèle Lerisse

Elle se défait de cette proximité pour retrouver la lumière dans la chair même, puis en s’en détachant pour cette fois explorer le paysage et ses composantes majeures, dont l’eau, mais toujours considérée comme substance, au même titre que la lumière, matérielle. Chrystèle Lerisse débarrasse les sujets qu’elle aborde de tout affect personnel pour en restaurer une dimension à la fois paysagère et mentale. Elle procède ainsi pour convoquer le regard et aussi le souvenir de sensations physiques souvent inconscientes. C’est qu’il faut entendre que photographier, créer, voir, relève pour cette artiste autant de l’exercice spirituel, comme le pratiquent les mystiques, que d’un examen de conscience séculier, anamnèse par laquelle le visible et le vrai parfois se confondent.