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Le
Forum de l’Image, « Après la photographie ? »
Le succès institutionnel et marchand des pratiques photographiques, leur généralisation
en toutes sortes de domaines, ainsi que la concurrence technologique de nouvelles
formes iconiques amènent le Forum de l’Image de Toulouse à s’interroger en
ce début de XXIème siècle sur la problématique «après la photographie?»
Les lieux d’exposition en ville et en région contribuent
par le choix d’œuvres, exposées et commentées lors des voyages organisés,
à donner réponses en œuvres. Remarquée à la Mission Jeunes Artistes l’an dernier,
Sophie Le Béon dialogue avec les expériences plastiques de
Nicolas Simarik. A Castres les recherches de Jordi
Colomer répondent à celles de Santiago Reyes qui
avec quelques jeunes artistes exploitent «les lieux décalés» sous le beau
programme d’Anatopies. A l'espace III croix Baragnon le collectif
Anonynes nous propose de découvrir son univers poétique au travers
d'un "re-cadrage" de son site internet. Aux Abattoirs, le pavillon met en
avant une installation des pièces à machine de Loriot et Mélia,
deux artistes nantais qui exploitent avec habileté les évidences visuelles.
Ils font le lien entre une histoire de la représentation aussi ancienne que
l’anamorphose et une expérience très actuelle de dépassement dans l’histoire
de la photographie.
Pour les conférences, la parole est d’abord donnée à un artiste,
François Méchain, qui expérimente depuis vingt-cinq ans les
rapports photo, dessin, sculpture, que son actuelle rétrospective à la Galerie
Michèle Chomette évoque sous l’expérience extrême des «lignes de crête». Dans
un second temps, Paul Ardenne, critique d’art, mettra en
perspective cette question de l’après-photographie avec diverses pratiques
contemporaines, celles notamment qui manifestent de nouvelles formes d’engagement
et leur extension à ce qu’il a nommé «l’art contextuel». Véronique
Nahoum-Grappe développe au sein de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales une réflexion très pragmatique sur les représentations contemporaines
au travers des outils d’information, des canaux de communication et des pratiques
d’artistes, elle scrute notamment les images des violences guerrières ou domestiques,
celles dont sont victimes les femmes notamment, ce sera l’objet de sa conférence.
La 4ème séance du dimanche fait encore une fois retour aux
œuvres, chaque conférencier introduisant en images une œuvre représentative
du XXème siècle, et une autre, pari sur le siècle commençant ; s’y croisent
archives documentaires, tableaux cinégraphiques de John Hilliard,
photographie négociée avec ses modèles anorexiques par Marc Pataud,
corps sculptés d’Helmut Newton, photos et vidéo de Marie-Laure
Cazin qui restaure "l'histoire de la tache".
La question d’une postérité photographique se pose aujourd’hui dans le passage
de l’analogique au numérique, dans la résistance de nombreuses pratiques de
terrain à une photographie devenant une sorte d’art officiel. Proches d’une
pensée des sciences humaines comme de la mixité des arts, les pratiques photographiques
d’aujourd’hui s’affirment singulières au sein du bloc-images, utilisant parfois
ses technologies dites nouvelles, comme les protocoles plus spécifiques des
arts plastiques.
Christian Gattinoni/Directeur Artistique
du Forum de l'Image
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