 |
|
Au départ il y a cette réalité. Vécue, observée, rêvée et de temps en
temps inventée, elle est là, séduisante et entêtante ou parfois collante
et encombrante. Et puis il y a le territoire où l’artiste souhaite l’embarquer
pour mieux la sonder, la filtrer, la tester, la tamiser, l’illuminer ou
même en rire. De cette translation volontaire de l’artiste vers cette
zone instable de la quête de sens, nombre d’œuvres témoignent avec des
incertitudes absolues ou des convictions relatives, des observations détournées
ou des intuitions sans raccourcis. «Jusqu’ici tout va bien » A l’aune
des fantasmes communs, une telle assertion semble aujourd’hui induire
un inéluctable pessimisme. Et pourtant nombreux sont les artistes utopistes
ou observateurs, qui choisissent de dénoncer des visions éculées ou qui,
par leur témoignage, procèdent d’un engagement singulièrement tourné vers
l’avenir. Ranimer l’interrogation, susciter la question, oser parler des
limites, peut-être bien pour aller au delà de cette bonne vieille peur
du lendemain ; ne serait ce pas là un des propos possibles de la photographie
et de l’art contemporain ? «Jusqu’ici tout va bien» est enfin un clin
d’œil à tous ces lieux culturels qui font de leur territoire de travail
un espace de friction avec le réel ouvert à tous.
Daniel Mézergues / Coordinnateur du festival
|
|
|
|
|