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Javier
Esteban.
Naturalezas
Muertas
20 0ctobre au 20 Novembre 1999
Au
cours des dix dernières années Javier Esteban (Alcora, Castellon, 1963) a
découvert un territoire de recherche personnel, un langage visuel propre,
équidistant du collage et du poème-objet, qui transforme chaque négatif photographique
en une pièce unique. Ses images, claires, synthétiques et audacieuses, se
créent à partir de la rencontre entre linspiration momentanée et la
volonté ordonnatrice, entre la capacité inventive et le besoin de construire
une structure qui sert de point dancrage, la réalité immédiate. «Des
photographies qui ressemblent à des peintures, des tableaux qui sont des poèmes,
des sculptures qui veulent être des paysages», écrit Catalina Sierra.
Cette confluence de procédures, ajoutée à son intérêt
aux matériaux primitifs, situe Javier Esteban dans une complexe frontière,
entre la tradition davant-garde et le primitif esprit méditerranéen.
«Jai toujours aimé jouer avec le sable et les hippocampes. Cest
seulement au moment où je suis allé habiter loin de la côte, que jai
compris ce que signifiait cette passion.»
Dans
ses promenades aux plages et sentiers, le photographe récolte des squelettes
organiques et des résidus industriels quil dispose plus tard -comme
des schistes cadavres- sur la toile de ses natures mortes, ce genre perturbateur
où linanimé et lanimé se fondent dans un mystérieux équilibre.
Ses compositions minutieuses, dune cristallisation extrêmement lente,
font du sable un microcosme où lobservateur reste immergé dans une certaine
atmosphère méditative. Peu de fois le grain photographique - le grain de lumière,
le grain du sable du temps- a reçu tant dattention de la part de lappareil
de photo. Une attention si concentrée quelle réalise le miracle de transformer
le gravier en substance photosensible et les objets qui se découpent en elle
en radiographies de soi même.
Dans la durée de ce travail photographique, conçu comme
jeu poétique et comme forme de connaissance de soi-même, la nature humaine
apparaît blessée par le désir de perpétuer la mémoire de sa condition éphémère.
Ce désir délimite la tâche décisive de lartiste en accord avec le code
expressif de Javier Esteban.
José
Luis Gallero
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