L'exposition
 

Le Vernissage

FRANCIS Cools PORTRAITS ANONYMES
J’ai été fasciné par le choc de ces images masquées, par la puissance plastique de ce procédé où le sujet est à la fois présent et absent, montré et caché.
On perd l’identité, l’expression et l’accès à autrui qui récuse sa relation au spectateur.
Déjà le visage se refuse à la possession, ici, ce refus se double par le masquage qui dissous le sujet en n’en donnant qu’une apparition fantomatique d’une signification plus profonde que celle du visage découvert car, comme le souligne E. Lévinas dans Totalité et infini, “ l’expression ne donne pas l’intériorité et la présentation de l’être dans le visage n’a pas le statut d’une valeur. ”

© Françis Cools
© Françis Cools
© Françis Cools
© Françis Cools
© Françis Cools © Françis Cools

Louis Castille
Les paysages s’inscrivent dans notre mémoire au gré du jour qui a permis cette rencontre.
Louis Castille aborde les arbres et les pierres comme le marin croise la houle. La relation chavire dans le respect mais aussi dans l’intensité qui autorise l’erreur, comme le mirage. Les formes qui traversent l’espace viennent affirmer leur force au gré des lumières que le photographe leur propose. Il y a de l’alchimie dans ce comportement qui accepte tant de sacrifices pour savourer le moment surdimensionné où le paysage évoqué rencontre enfin la lumière qu’il n’osait rêver.

© Louis Castille
© Louis Castille
© Louis Castille
© Louis Castille

Emmanuelle Maura
Un fleuve passe par une ville puis par une autre.
À la première ville je me souviens que son eau est verte, à la deuxième,
il a rongé ses rives, s’est élargi, s’est chargé de boue.
Contrariété entre un fleuve qui suit son cours et le reflux de la marée : plis, tourbillons, trous…
Je met ses formes dans mon filet et bricole la photographie en outil de télescopage entre le près et le lointain, moi et mon autre,
un premier temps et un deuxième.
Remous, « on dirait que » je les agis, non « on dirait que » je les met à l’index, non « on dirait que » je les touche.
Dans nos mondes-monades, chacun, ensemble, agit pour soi, et il semblerait parfois que nous sommes en harmonie.

© Emmanuelle Maura © Emmanuelle Maura © Emmanuelle Maura