L'exposition à la Galerie du Forum

Le vernissage
Artiste nomade qui évoluant entre les signes de plusieurs cultures rencontrées au cours de ses voyages, perpétuellement en quête de traces et de confrontations d’images, entre la peinture, la photographie et la sculpture, Jacques Bosser nous présente certaines de ses dernières œuvres.
Au début, il y a ces corps féminins photographiés en noir et blanc. Ils semblent flotter dans l’espace, dans leur instantanéité, comme désincarnés, animés par une énergie dynamique indécelable. Leur réalité s’estompe dans la fusion avec ces panneaux peints qui les environnent. Les couleurs sont vives, peintes, effacées, repeintes, grattées, brossées, ponçées, séchées ; les pigments purs ont été appliqués directement à la main, c’est un corps à corps pulsionnel avec la peinture.
Ces deux images antinomiques sont réunies dans un encadrement de bois et de verre, intégrant une distance avec le spectateur, l’incitant à une lecture plus profonde.
Entre photo et peinture, ici la symbiose est totale, comme I’accouplement de deux énergies contradictoires, que viennent souligner ces signes archaïques, surgis de la nuit des temps : cercles, spirales, ellipses qui renvoient au langage symbolique de notre inconscient collectif. Moins immédiats que dans les œuvres antérieures, ces signes ont été gommés sur les corps photographiés et se lisent plus intimement sur les panneaux peints.
Voulant retrouver la magie primaire de ces sensations enfouies lors d’une enfance africaine, Jacques Bosser se laisse guider par une sorte d’innocence première universelle, débarrassée d’un trop-plein de pensée occidentale. Son travail « à mains nues » sur la matière picturale, cette recherche d’une osmose entre deux images contraires, sont autant de clés pour ressentir l’intimité d’une globalité retrouvée.