Philippe Assalit
5 janvier au 5 février, 2000


Le vernissage

 


L'exposition

Roses narcisses-noires pensées

Les travaux de Philippe Assalit puisent leur inspiration au travers des Vénus primitives, femmes callipyges aux formes démesurées, déesses premières de l'humanité.Ses photographies nous dévoilent une représentation érotisée du corps soufrant, fragmenté, offert, déifié, amoureux que notre culture judéo-chrétienne a véhiculé. Le titre « Roses narcisses-noires pensées», n’emprunte visiblement rien à l’art floral, et pourtant ...sur dalle d’opaline, où vient se mirer une dernière fois l’ombre de Narcisse avant de rejoindre le royaume des morts, nous continuons depuis des siècles à déposer une gerbe fleurie. Ne peut-on voir ici la vaine tentative d’effacer d’un reflet gai et multicolore l’effroi millénaire? La beauté n’est qu’éphémère, par tous les moyens nous tentons d’en garder un souvenir éternel. Depuis cinq ans, les travaux de Philippe Assalit empruntent deux voies que l’on pourrait croire diamétralement opposées. A «l’ascèse» d’une démarche très introspective autour de l’autoportrait vient s’opposer la gaieté d’une image érotique colorée, parfois baroque. Au coeur même de son travail sur l’autoportrait, la question de la mort réapparaît d’une série à l’autre, et plus précisément, l’image d’un corps mort, voire meurtri. Le corps érotisé est pour P. Assalit à l’opposé de la question de notre fin : il nous lie au désir, au plaisir, au sexe, à la vie. Si le Saint-Suaire comme première image médiatisée du miracle enfin visible, du mystère de la mort, de l’au-delà, l’intéresse (et ce en dehors de toute obédience), il reste néanmoins attaché au plaisir de la chair; conscient des forces antagonistes telles que pulsion de vie, pulsion de mort auxquelles nous sommes tous soumis. Dans la Grèce antique, le polythéisme permettait une forte identification aux lois «sur» naturelles. Chacune, chacun aimait plus ou moins tel ou tel Dieu, telle ou telle Divinité. Aujourd’hui, encore rien n’a changé, l’homme continue son chemin avec tous ses paradoxes, ses doutes, ses peurs, ses désirs multiples et variés, accompagné de tous ses Dieux et de tous ses Anges. Roses Narcisses serait donc le plaisir de la contemplation de la chair divinement «dessinée»; Noires pensées, l’animal meurtri et meurtrier qui a pris corps en chacun de nous.

Philippe Assalit Philippe Assalit
Philippe Assalit Philippe Assalit
Philippe Assalit Philippe Assalit