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Roses
narcisses-noires pensées
Les
travaux de Philippe Assalit puisent leur inspiration au travers des Vénus
primitives, femmes callipyges aux formes démesurées, déesses premières de
l'humanité.Ses
photographies nous dévoilent une représentation érotisée du corps soufrant,
fragmenté, offert, déifié, amoureux que notre culture judéo-chrétienne a véhiculé.
Le
titre « Roses narcisses-noires pensées», nemprunte visiblement rien
à lart floral, et pourtant ...sur dalle dopaline, où vient se
mirer une dernière fois lombre de Narcisse avant de rejoindre le royaume
des morts, nous continuons depuis des siècles à déposer une gerbe fleurie.
Ne peut-on voir ici la vaine tentative deffacer dun reflet gai
et multicolore leffroi millénaire? La beauté nest quéphémère,
par tous les moyens nous tentons den garder un souvenir éternel. Depuis
cinq ans, les travaux de Philippe Assalit empruntent deux voies que lon
pourrait croire diamétralement opposées. A «lascèse» dune démarche
très introspective autour de lautoportrait vient sopposer la gaieté
dune image érotique colorée, parfois baroque. Au coeur même de son travail
sur lautoportrait, la question de la mort réapparaît dune série
à lautre, et plus précisément, limage dun corps mort, voire
meurtri. Le corps érotisé est pour P. Assalit à lopposé de la question
de notre fin : il nous lie au désir, au plaisir, au sexe, à la vie. Si le
Saint-Suaire comme première image médiatisée du miracle enfin visible, du
mystère de la mort, de lau-delà, lintéresse (et ce en dehors de
toute obédience), il reste néanmoins attaché au plaisir de la chair; conscient
des forces antagonistes telles que pulsion de vie, pulsion de mort auxquelles
nous sommes tous soumis. Dans la Grèce antique, le polythéisme permettait
une forte identification aux lois «sur» naturelles. Chacune, chacun aimait
plus ou moins tel ou tel Dieu, telle ou telle Divinité. Aujourdhui,
encore rien na changé, lhomme continue son chemin avec tous ses
paradoxes, ses doutes, ses peurs, ses désirs multiples et variés, accompagné
de tous ses Dieux et de tous ses Anges. Roses Narcisses serait donc le plaisir
de la contemplation de la chair divinement «dessinée»; Noires pensées, lanimal
meurtri et meurtrier qui a pris corps en chacun de nous.
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